« Les Grands Buffets » : de la place pour deux ?

Le 4 novembre 2025, s’est tenue devant le tribunal judiciaire de Paris une audience opposant deux enseignes spécialisées dans les buffets à volonté de gastronomie française sur le terrain du droit des marques.

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Des enseignes identiques dans deux villes différentes peuvent-elles coexister ?

Suite à l’ouverture de l’enseigne « Les Grands Buffets Lyonnais » en 2025, le propriétaire de la marque « Les Grands Buffets » de Narbonne a assigné l’établissement lyonnais devant le tribunal judiciaire de Paris. 

L’établissement narbonnais, créé en 1989 par Jane et Louis Privat sous le nom d’« Espace liberté » a été rebaptisé « Les Grands Buffets » en 2008, centrant son activité autour d’un service de restauration de buffet à volonté de cuisine française haut de gamme. 

Le nom de l’établissement est notamment protégé par une marque éponyme à l’échelle française déposée le 26 novembre 2008 et régulièrement renouvelée, ainsi que par une marque de l’Union européenne en 2017.

C’est sur ce fondement que le propriétaire de la marque « Les Grands Buffets » de Narbonne a exigé que l’établissement « Les Grands Buffets Lyonnais », qui reprend ce concept pour les spécialités lyonnaises, cesse de reproduire sa marque.

L’enjeu en droit des marques pour un restaurant

En substance, il demande le retrait du nom de l’établissement lyonnais, sous peine d’astreinte. A titre de dommages et intérêts, le propriétaire de la marque « Les Grands Buffets » de Narbonne ne réclame qu’un euro symbolique.  

S’il déclarait en effet au journal L’indépendant ne pas vouloir pénaliser économiquement le restaurant lyonnais, il souhaite toutefois le pousser à respecter les droits qui lui sont conférés du fait de l’enregistrement de sa marque.

On peut légitimement supposer que l’exploitation du signe par l’établissement lyonnais puisse être considérée comme problématique par le tribunal judiciaire de Paris. En effet, les signes et les activités en cause sont fortement similaires, ce qui pourrait conduire le tribunal à caractériser un risque de confusion entre la marque enregistrée et le nom commercial.

Le délibéré à venir indiquera si le restaurant lyonnais pourra poursuivre ou non son activité sous son nom actuel.

Cette affaire illustre l’importance du droit des marques et de l’enregistrement des signes protégés dans la restauration. Ce secteur, hautement concurrentiel, implique de disposer d’un arsenal juridique solide pour prévenir les utilisations trompeuses ou parasitaires de la part des tiers.

Stéphane Bellec avocat propriété intellectuelle

Stéphane Bellec, associé 
Avocat Propriété Intellectuelle

avec Laura BEAUSSART, stagiaire élève avocate

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